Boycottons les chariots ! (chronique vintage spécial rentrée)

Parfois, ma propre générosité m’étonne. Juge par toi-même, bande de parents : je viens par la présente, totalement gratuitement et sans aucun engagement de ta part, apporter une solution simple et pratique au plus féroce de tes maux de septembre.
 Comment ça, lequel ? Réfléchis un peu : qu’est-ce que chaque retour de septembre apporte d’inévitablement pénible ?
Aaallez, un indice sonore : « Ouiii maman/papa (raye la mention inutile), je le sais que c’est pas sur la liste de la maîtresse, mais j’en ai vraiment besoin, de cette trousse Star Waaaaaaars ! »
Walaaa : les courses de la rentrée, avec leur addition infinie de nouvelles fournitures scolaires indispensables, fournitures qu’il s’agit non seulement de financer mais également – et c’est parfois le plus risqué – de dénicher le soir de la rentrée (ce soir !), au milieu de rayons mis à sac par les écoliers et leurs géniteurs dans une cohue pénible.
C’est ce fardeau que je me propose d’alléger pour toi, heureux parent, car j’en ai trouvé la parade un jour de rentrée scolaire. La découverte s’est opérée par hasard, comme la plupart des avancées scientifiques majeures et des meilleures recettes de cuisine – voir la pomme de Newton et la tarte Tatin.
A 18 heures, le soir en question, l’héritier et moi-même eûmes la déconfiture de ne trouver dans la mine habituelle de notre supermarché favori qu’un pauvre Caddie à trois roues.
 N’écoutant que notre opiniâtreté, nous nous dirigeâmes néanmoins vers le palais de la consommation, sans autre accessoire que nos bras valeureux. La cohue de chariots qui encombraient les rayons évoquait un manège d’autos tamponneuses au moment où elles sont toutes engluées les unes contre les autres dans un coin de piste. Mon écolier et moi, sans véhicule, on se faufilait partout, aussi agiles que des motards dans un embouteillage du périph.

J’attrape les fournitures, toi tu les portes

C’était déjà assez chouette, mais en plus, à ce moment-là, le génie m’a frappée de son éclair :
– Chéri, j’ai une idée : on va se partager la tâche. J’ai la liste, j’attrape les fournitures, je te les passe au fur et à mesure, et toi tu les portes.
Au début, inévitablement, il y a eu quelques « La maîtresse a dit que le Petit Larousse était mieux que le Petit Robert » (ou inversement, je ne sais plus lequel nous avions déjà), et « Il me faut des nouveaux stylos feutres : les miens ont pas de couleurs fluo.

– D’abord la liste, ensuite on verra.
– Et puis un nouveau blouson, l’autre, je l’ai perdu.
– Encore ? Bon, OK, mais alors ce coup-ci, je vais le transformer en patchwork d’étiquettes de vêtements personnalisées.
– Hein ?
– Ton nom. Je mettrai des étiquettes avec ton nom dessus.

Au bout de neuf minutes et demie, mon fiston, nouveau blouson sur le dos et les bras chargés de cahiers grands carreaux 48 pages, d’intercalaires en carton multicolores, de crayons HB, de pinceaux ronds et plats de numéros divers, s’est assis épuisé au coin d’un rayon.
– Maman, là je crois qu’on a tout, il a gémi.
– Tu es sûr ? Je croyais qu’il te fallait une nouvelle trousse ?
– Non, non, c’est pas la peine, en fait l’ancienne est encore bien.
– Ah bon, comme tu voudras. Et le dictionnaire ?
– Je crois que ça ira. Je me souviens que la maîtresse a dit que si on en avait déjà un, c’était pas la peine de changer.
CQFD.
Eh, je pense à un truc : et si on utilisait la même stratégie à Noël ?
Allez, salut, bande de parents !

(Billet sponsorisé) © Muriel Gilbert

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  • Lydie Gazouillis 3 septembre 2013 at 13 h 04 min

    Tu es diabolique !

  • Béatrice 3 septembre 2013 at 18 h 26 min

    Excellent !

  • Ève 4 septembre 2013 at 9 h 41 min

    Voilà une idée qu’elle est bonne !!!! Je regretterais presque de ne plus avoir de rentrée scolaire à faire….rien que pour leur jouer ce tour là….que n’y aie-je pensé alors ??? Lol…
    Allez heureux parents, courage, il y aura encore des courses à faire dans les jours qui viennent….suivez bien les bons conseils de Muriel….

  • Pascal 4 septembre 2013 at 9 h 50 min

    Génial !!!!!!!!!!! et Géniale !!!!!!!!!

  • Filo 4 septembre 2013 at 10 h 05 min

    Comme Eve, je dirais presque « dommage que je n’ai plus de rentrée à assurer! » Mais c’est un plaisir dont je me passe très (mais alors très) bien!
    En revanche, toujours pas compris pourquoi il faut acheter les fringues en même temps? Parce que là, c’est cumuler les difficultés, tout de même!!!
    Bon, et l’héritier dans tout ça, il n’ a pas eu l’impression de s’^tre fait légèrement flouer? hummm?

  • Poulette Dodue 4 septembre 2013 at 10 h 08 min

    Les zouves sont encore petits (CP et CM1), les maitresses ont la TRES bonne idée de nous filer en juin la la liste du matos pour la rentrée.
    Du coup, j’ai glisser feutres et ardoise en même temps que mes melons/brugnons et autres concombre de mes courses hebdos…
    MAIS je sais que ça ne durera pas !
    Bises

  • mia 4 septembre 2013 at 14 h 34 min

    Je ne suis pas du tout concernée par le problème mais je trouve l’idée géniale et suis en train de réfléchir aux autres domaines d’application…

  • Nanou 5 septembre 2013 at 1 h 49 min

    Nous, comme l’Homme travaille chez Marcel-Eric on a quelques réducs (Q) sur les fournitures, à condition de faire ses achats avant le 15 juillet…super agréable au début des vacances! Mais du coup il n’y a pas grand-monde et les boulettes en profitent pour prendre leur temps et renouveler intégralement leur matériel. Comme mia je vais réfléchir à une autre occasion pour le no cart shopping (yes I am bilingue)

  • Vero 5 septembre 2013 at 8 h 21 min

    C’est effectivement une idée de génie… Que je pratique depuis longtemps pour les courses courantes. On va plus vite et on ne surcharge pas, surtout quand on n’a pas des bras d’ado pour porter.

  • PinkSo 5 septembre 2013 at 8 h 25 min

    Impression de déjà-vu d’hier! Et pourtant je me croyais débarrassée de la corvée depuis juillet, puisque le collège a la bonne idée de distribuer les listes de fournitures à cette date.
    C’était sans compter sur le paragraphe diabolique: « Français: attendre les instructions du professeur à la rentrée ».
    Note pour l’année prochaine: se précipiter dès la sortie pour acheter le matériel de Français; à 18h, il n’y avait plus de classeur souple grands anneaux dans mon « supermarché favori ».

  • Muriel Gilbert 5 septembre 2013 at 9 h 54 min

    @Lydie : Mais j’y aurais jamais pensé moi-même ! C’est un accident d’absence de Caddie qui a tout organisé !
    @Béatrice : Avec ton nombre de gars, toi, tu devrais en prendre de la graine.
    @Eve : Vas-y, fais ma pub 😀
    @Pascal : Nest-ce pas ? Et je partage !
    @Filo : Je crois qu’il s’est même pas senti floué. C’était un accident, pas un truc organisé de ma part…
    @Poulette : Eh ben voilà, tu auras le mode d’emploi le moment venu.
    @Mia : Dis-moi lesquels tu trouves, partage !

    • Pascal 5 septembre 2013 at 10 h 01 min

      Et je confirme !

  • Muriel Gilbert 5 septembre 2013 at 10 h 07 min

    @Nanou : Yes, but who is this charming Marcel-Eric ? Marcel-Eric Supermarket, I presume ?
    @Vero : C’est vrai, mais sans les bras d’ado, on finit toujours par faire tomber des trucs. Je conseille vraiment la pratique à deux.
    @Pinkso : Ah oui, c’est le risque, 18 heures, plus de Caddie, plus de classeurs.
    @Pascal : 😉

  • Anna 5 septembre 2013 at 13 h 32 min

    Je crois que je vais embrasser les pieds de la maîtresse de maternelle de mon fils demain matin : pour l’instant on échappe à l’équipée infernale… Je retiens ton truc pour quand il faudra s’y mettre. 🙂

  • Nanou 6 septembre 2013 at 1 h 40 min

    Marcel-Eric is the secret pseudo of Michel-Edouard…

  • Vivi 11 septembre 2013 at 22 h 02 min

    J’avais tellement de stock (parce que moi j’y suis allée franco avec mon caddie les années précédentes) que cette rentrée-ci j’ai pu faire l’impasse. Ouf, pour une fois, sauvée !

  • Blanche 19 septembre 2013 at 8 h 14 min

    Ca me fait penser à une bd de Reiser, je crois que c’était dans « ils sont moches », où l’on voit expliquer cette stratégie en bord de mer avec un enfant. Comme quoi il vaut mieux acheter d’abord le masque et les palmes, empêtré pour marcher, le môme ne voit pas le marchand de glace 😉