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Muriel la blogueuse Surprise

La vie, c’est salaud, mais c’est rigolo. (Lao Tseu)

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Le 5 février 2011

Blogueuse parisienne - blog féminin d'une maman par Muriel Gilbert

Maman blogueuse optimiste et de bonne humeur - petites histoires de la vie

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23 décembre 2007

Au secours, mon fils m'apprend la vie ! > Chroniques

Mon fils, il a la vocation plurielle

Au nombre des quelques dizaines de carriËres que mon fils a rÈsolu díembrasser, une fois sorti d˚ment diplÙmÈ de la maternelle, figure en bonne place celle de policier. Si je me souviens bien, cette vocation lui est venue en septiËme position, derriËre celles de Mac Do (cíest le beau mÈtier qui consiste ‡ vendre des hamburgers), díÈboueur, de garagiste, de conducteur de bateau, de grue et de camion.

- Et quíest-ce qui te plaÓt, mon chÈri, dans le mÈtier de policier?, míinformai-je, le jour o˘ il annonÁa cette nouvelle vocation inÈbranlable.

- Cíest que jíaurai plus besoin díavoir peur des policiers. Et puis, jíaurai jamais díamendes et toi non plus.

Cíest gentil díavoir pensÈ ‡ moiÖ

Une sorte de surdouÈ

Jíattendais une rÈponse du genre normal : ´ Parce quíils ont des pistolets et quíils attrapent les mÈchantsÖ ª Jíavais oubliÈ que mon fils est dÈfinitivement ‡ classer du cÙtÈ des anormaux. Jíoublie tout le temps.

Il est vrai que mon hÈritier a acquis dËs son plus jeune age cet Ètrange sentiment dont la plupart de nos contemporains partagent certes le secret, mais rarement avant líage de raison : la peur du gendarme. Bref, mon fils est une sorte de surdouÈ. Je raconte pas Áa pour me vanter, cíest la pure vÈritÈ. Et je le prouve :

Il y a un an ou deux, on dÓnait ensemble dans un restaurant. Il níavait rien mangÈ, jusquí‡ mÈpriser ses frites ! Lorsqu’il a refusÈ une mousse au chocolat, je lui ai demandÈ síil se sentait bien, et quand il a rÈpondu quíil Ètait juste fatiguÈ et quíil voulait rentrer tout de suite se coucher, jíai posÈ la main sur son front. Pas de fiËvre.

Il faut parfois un temps infini ‡ une mËre pour se rendre compte que son enfant est en train de traverser une terrible Èpreuve : cíÈtait un de ces jours-l‡. Mon fils demandait ‡ aller se coucher. Jamais il ne s’Ètait produit semblable ÈvÈnement.

AlarmÈe, jíenquÍte.

Et je dÈcouvre quoi ? Que síil ne peut rien avaler, síil dÈclare Ítre fatiguÈ, cíest parce quíen garant ma voiture prËs du restaurant, jíai mentionnÈ quíelle Ètait en stationnement interdit. Il veut que nous partions parce quíil est terrifiÈ ‡ líidÈe que nous rÈcoltions une amende !

On ÈlËve les surdouÈs quíon peut

Jíai compris plus tard quíil imaginait, sans doute pour avoir assistÈ aux ruses de Sioux que je dÈploie pour Èviter díen recevoir, quíune amende Ètait un truc trËs grave, du genre mise au pilori ou lapidation jusquí‡ ce que mort síensuive.

En prenant conscience de ce don prÈcoce de la peur du gendarme que jíavais rÈussi ‡ inculquer ‡ mon fils, je míÈtais dit que, peut-Ítre, je devrais profiter de cette capacitÈ ‡ gÈnÈrer le gÈnie pour lui en transmettre de plus crÈatifs. Jíai essayÈ. Jíy arrive moins bien. On ÈlËve les surdouÈs quíon peut.

Depuis, j’ai tentÈ de me consacrer ‡ lui dÈmontrer líutilitÈ de la marÈchaussÈe et sa relative indulgence vis-‡-vis des enfants, mÍme des pas sages. Aujourdíhui, il est un peu tranquillisÈ. Il a compris que la tendresse de son ‚ge le protËge encore de cette intolÈrable violence policiËre pudiquement dÈnommÈe ´ verbalisation ª. Jusquí‡ líobtention de son permis de conduire en tout cas. Affaire classÈe.

Restait un problËme : chaque nouvelle vocation inÈbranlable síajoutant ‡ la prÈcÈdente sans la chasser, mon fils avait alors le projet de mener sept carriËres de front. AprËs m˚re supputation sur le nombre díannÈes díÈtudes supÈrieures nÈcessaires ‡ líexercice de si nombreux sacerdoces, je rÈsolus de lui exposer quíil serait opportun de se rÈsoudre ‡ opÈrer un choix, aussi dÈchirant soit-il.

Il y a quelques jours, alors quíil Ètait couchÈ, il me convoqua sur le ton de líurgence la plus absolue :

- Maman !

Je cours, je vole, jíarrive. Il est tombÈ du lit ou quoi ?

Non. Il jubile. Un sourire gÈant Èclaire la chambre.

- Jíai trouvÈ ce que je vais faire comme mÈtier !

- Oui ?

- Je vais faire spectacle, comme Áa, je pourrai faire tous les mÈtiers dans mon mÈtier.

Jíai dit que cíÈtait une brillante idÈe.

Díailleurs, je ne doute pas que mon fils devienne un excellent spectacle. Il sera parfait dans le remake du†Gendarme de Saint-Tropez.

Allez, salut, bande de parents !

© Muriel Gilbert

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