Jíai entendu parler du prÈservatif

– Maman, cíest vrai quíon a inventÈ un cachet contre le sida ?
CoincÈe dans les embouteillages des retours de week-end, je passe en premiËre avant de rÈpondre :
– Pas exactement. On a inventÈ des mÈdicaments qui permettent de le soigner, de vivre avec, mais pas exactement de le guÈrir.
– Alors, si on líattrape, cíest quand mÍme une trËs grave maladie ?
– Euh, oui. Moins grave quíavant, mais oui.
Un silence, dont un instinct maternel affinÈ par prËs de dix ans de pratique assidue ne me permet pas díespÈrer quíil annonce la fin de la conversation. Tiens, quíest-ce que je vous disais :
– Maman, mais en vrai, comment on líattrape, le sida ?

Les vÙtres, je ne sais pas, mais mon fiston ‡ moi, cíest toujours en voiture quíil me pose les questions les plus embarrassantes. Sans doute parce que, l‡, il me tient ñ pas moyen de míÈchapper en branchant líaspirateur, animÈe díun soudain besoin de propretÈ.
– Eh bienÖ il y a plein de gens qui líont attrapÈ en recevant du sang ‡ líhÙpital, du sang qui avait ÈtÈ donnÈ par des gens malades du sida.
– Et moi, on míen a donnÈ, du sang, quand jíai ÈtÈ opÈrÈ de líappendicite ?
– Je ne sais pas, mais maintenant, Áa níarrive plus : les mÈdecins savent quel sang est bon et ils ne donnent plus aux malades le sang contaminÈ.
– Ah, oui, ´ le sang contaminÈ ª, jíai entendu Áa, dÈj‡Ö

Un second silence, qui míindique que je ne míen tirerai pas ‡ si bon compte, puis :
– Mais, maman, il y aurait pas une autre faÁon díattraper le sida ?
– Euh, en fait, ouiÖ tu as raison, il y a une autre faÁonÖ euhÖ On peut attraper le sida en faisant líamour avec une personne qui a le sida, voil‡. Mais si on utilise un prÈservatif, on ne líattrape pas.
– Ah oui, jíai entendu parler du prÈservatifÖ

Encore un silence lourd de rÈflexion, tandis que je passe en premiËre, puis (youpie) en seconde.
– Alors, le prÈservatif, cíest Áa le truc quíon vient díinventer contre le sida ?
– Pas exactement. Le prÈservatif, Áa existe depuis longtemps, bien avant le sida.
– Ah bon ? «a servait ‡ quoi, alors ?
Ben tiens, tant quíon y est, Áa aurait ÈtÈ dommage que jíy Èchappe, ‡ celle-l‡Ö
– EuhÖ Áa servait ‡ pouvoir faire líamour sans risquer díavoir un enfant.
– Pourquoi les gens voulaient pas díenfants ?
– Ils ne voulaient pas avoir un enfant ‡ chaque fois quíils faisaient líamour, autrement, ils en auraient eu des dizaines !
Un gloussement de gÍne et díamusement mÍlÈs, qui prÈcËde un nouveau silence, puis :
– Maman, mais il y a encore deux trucs que je me demandeÖ
Ces embouteillages míont rarement paru aussi longs.
– Maman, díabord, je me demande : puisque, ‡ cause du sida, il faut toujours mettre des prÈservatifs, comment on fait maintenant pour avoir des enfants ?

Au secours, bande de parents, je craque. Et Áa va Ítre quoi, la deuxiËme question ?
– Pfff. Quand on rencontre quelquíun et quíon est amoureux, et quíon dÈcide de faire líamour, il faut toujours mettre un prÈservatif. AprËs, les deux amoureux peuvent aller faire un test pour vÈrifier quíaucun nía le sida, et ensuite, ils peuvent faire líamour sans prÈservatif, et avoir des enfants, síils en ont envie.
– Síils en ont envie, oui, díaccordÖ Et, maman, la deuxiËme question que je me demande, cíest, euhÖ le prÈservatif, cíest o˘, quíon le met ?

Allez, salut, bande de parents !
© Muriel Gilbert

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  • margot 5 février 2011 at 19 h 48 min

    HÈ oui en effet ;)) nous y sommes!