Jíadore quand tíes pas l‡

Le dernier boulanger du quartier a baissÈ son rideau. A partir de maintenant, on mange que du Picard au pain de mie. Cíest signe de quoi, Áa, innocent estivant†? Cíest signe du creux díao˚t, bon sang. Le creux díao˚t, cíest la semaine du 15, la semaine quíest encore plus ao˚t quíao˚t (plus out quíout†?). Car, vingt et uniËme siËclienne ou ien, alors que toi si Áa se trouve tíes en plein dedans, moi, je suis rentrÈe de vacances depuis un petit moment. «a tombe grave bien†: jíadore Paris quand tíes pas l‡.

Plus ao˚t quíao˚t

Le prends pas mal†: ici, un seul million díÍtres vous manque, et tout devient le pied. Ao˚t ‡ Paname, tu peux tíasseoir dans le mÈtro, te balader ‡ vÈlo tranquillou, ou mÍme dans ta petite bagnole ñ tu te gares, tu roules, tu te regares, tu reroules, le tout comme dans du beurre de Normandie ramolli au soleil. Et, cerise sur le macaron LadurÈe, les horodateurs eux aussi sont partis pour Puntacana. Ya Paris Plages avec ses douches vapo, ses pÈtanques et ses pÈdalos, et ya le cinÈ gratoche en plein air ‡ La Villette que tu vois plein de gens qui trimballent des parpaings, cíest pas pour jeter dans la vitrine díune bijouterie, cíest pour síasseoir dessus (les Parisiens de líÈtÈ sont moins sensibles, postÈrieurement parlant, semble-t-il, que ceux qui chaise-longuent on the beach).

Et pendant que tu maudis tous ces FranÁais qui gluent leurs serviettes autour de la tienne dans ton clube ‡ líautre bout du weurld, cíÈtait bien la peine de partir aussi loin, ben les estrangers, y sont ici, avec leurs grosses godasses et leurs sac ‡ dos, leurs lunettes Gucci et leurs microshorts, leurs sacs Vuitton et leurs appareils photo, tellement partout que tu te crois ‡ líestranger, mais tu sais pas trop quel estranger, gÈnial, le tour du monde en deux enjambÈes de tongs.

MÍme pas contre deux barils de juillet

Les Parisiens qui restent sont mÈconnaissables†: boss ‡ líÓle de RÈ, clients portÈs disparus, ils Ècartent les orteils sous le bureau. Du coup, ils sont affables (si†!), ‡ líheure o˘ ils envahissent les terrasses, dËs la fin de líaprËs-midi, Ray-Ban solidement plantÈes dans le chignon. Bref, tu mías comprise tu mías, si yen a des que Áa blues gravissimo, ao˚t ‡ Paname, perso, pour rien au monde je te líÈchange, mÍme pas contre deux barils de juillet. Et encore moins deux barils de septembre. Et pis le 15 ao˚t, cíest ma fÍte. Personne le sait, pasque sur le calendrier de la poste, cíest marquÈ ´†Assomption†ª. Or, merci petit JÈsus, je me blase pas Assomption. Mais cíest ma fÍte quand mÍme. Tu pourras pas dire que tu le savais pas. Bref, toi, tíes tout/e jouasse sur ta playa, et moi toute jouasse que tu sois pas l‡. Tu vois, tout le monde est content.

Hin hin hin

OK, ya des inconvÈnients†: ya pas que le boss quíest ‡ líÓle de RÈ, ya aussi les copains. Et líopticien, fermÈ jusquíau 21 ao˚t sans míavoir rendu mes lunettes neuves, et mon restau chÈri, qui prÈpare un bo-bun ‡ tomber par terre, une salade de búuf pimentÈe de la mort et une salade de riz croustillant de rÍve, dÈsespÈrÈment fermÈ itou. Líadresse†?! Nananananan. Top sicrËte. Sinon, yaura plus de place pour moi, ils vont faire fortune, vendre le boui-boui, et aprËs, je me restaure o˘†? (Cíest l‡ que tu vois que je serai jamais une blogueuse parisienne, staÔle†Nath Ze, par exemple.)

Enfin, le truc juste intolÈrable, cíest quí‡ peine soldÈs les matelas pneumatiques, les commerÁants qui níont pas fermÈ boutique nous ont sorti les cartables et les feuilles A4 ‡ petits carreaux. Et l‡ je dis niet. Pourquoi pas les PËres NoÎl†? Car figure-toi, vingt et uniËme siËclienne ou ien, que líÈtÈ est loin díavoir poussÈ son dernier rayon de soleil. La preuve, bientÙt, je repars. En septembre, quand tu seras rentrÈ(e). Hin hin hin [rire sardonique].

Allez, vingt et uniËme siËclienne ou ien, reviens pas trop vite míencombrer les trottoirs, et bronze (avec modÈration) on the beach.

© Muriel Gilbert

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