Jíadore le sport

Cíest bien, des enfants actifs, comme ceux díaujourdíhui, qui font du sport, de la musique, du thÈ‚tre, tout un tas de trucs. Seulement voil‡, les enfants síactivent, les parents trinquent. Pour commencer, ils financent ñ Áa, on a líhabitude, cíest le mÈtier qui veut. Ensuite, ils accompagnent ñ cíest pire. NÈanmoins, mon rejeton personnel a atteint lí‚ge de se rendre seul ‡ ses activitÈs favorites, allÈluia. Las, bande de parents, le temps du rÈpit níest pas venu pour autant, voyez plutÙt.

Tee-shirt rayÈ rouge et noir en nylon sponsorisÈ par Carrefour (mais qui mía co˚tÈ une cuisse, dans la seule boutique agrÈÈe par líUnion sportive de chez nous), numÈro 6 fiËrement affichÈ sur líestomac, baskets ex-blanches, cheveux humides en bataille†: quelque chose me dit que mon hÈritier arrive tout droit de son entraÓnement de handball.

ó Maman, lance-t-il en faisant voler ses chaussures dans líentrÈe, líentraÓneur a demandÈ qui pourrait nous accompagner dimanche prochain, jíai dit toi.

ó Quoi†? Accompagner qui†? O˘†?

ó Ben, les gars de líÈquipe, au match ‡ Fontenay-sous-Bois†[ou Saint-Maur-des-FossÈs, ou Champigny-sur-Marne, jíai oubliÈ]. Yaka Ítre sur la place de la mairie ‡ 13 heures et aprËs tu peux regarder tous nos matches et on rentre avant 18 heures.

ó Tu aurais peut-Ítre pu me demander si jíÈtais disponible.

ó Tu fais jamais rien le dimanche.

ó Ö jíai prÈvu autre chose. Tu te dÈbrouilles. Tu annules.

Le dÈvouement maternel a ses limites. Moi qui míÈtais promis une sieste dominicale 52 fois dans líannÈe, je me voyais dÈj‡ passer mes week-ends ‡ tricoter au bord du terrain de hand, non sans y avoir dÈversÈ au prÈalable une pleine voiturÈe de sportifs sponsorisÈs. En mÍme temps, je me demandais si je níÈtais pas indigne, comme mËre. Mais jíai tenu bon. Le hand, aprËs tout, jíavais dÈj‡ donnÈ.

En septembre, par exemple, le soir de son premier entraÓnement, fiston Ètait rentrÈ tout ÈnervÈ.

– Maman, on sait pas encore qui va faire goal dans líÈquipe, et jíai super envie que ce soit moi, mais aussi, je me demande si je suis assez fort, je crois quíil faut que je míentraÓneÖ Maman, tu vas pas rire si je te demande quelque chose, síte plaÓt, cíest trop important, Maman, tu veux bien míentraÓner, síte plaÓt, síte plaÓt, je rangerai ma chambre†?

– Mais chÈri, jíy connais rien, au hand, moi†!

– Síte plaÓt, pas besoin díy connaÓtre, jíte promets, je nettoierai la cage du hamster. Síte plaÓt, accepte, allez, sois gentille†!

Et figurez-vous que jíavais acceptÈ. Pendant une bonne heure, peut-Ítre moins mais Áa mía semblÈ plus, mon champion a fait goal devant le canapÈ. Moi, je devais marquer. Le ballon, cíÈtait un poussin jaune en peluche, qui poussait un pouic lamentable ‡ chaque fois quíil síÈcrasait sur la moquette. JíespÈrais que les voisins díen face níÈtaient pas postÈs ‡ leur fenÍtre.

Mais le voil‡ qui revient ‡ la charge†:

– Maman, en plus, tu viens jamais me voir jouer, je te jure, cíest pas encourageant†!

– Je suis allÈe te voir quand tu jouais dans le gymnase dí‡ cÙtÈ. Cíest pas ma faute si líautre Èquipe níest jamais arrivÈe, quand mÍmeÖ Mais dËs que vous rejouez dans le quartier, je reviendrai, promis.

Evidemment, ce match ‡ domicile-l‡ nía pas tardÈ. Jíavais promis. En arrivant, je note que je suis le seul public, je lui adresse de grands gestes, agitant les bras comme un sÈmaphore. Il míadresse un signe microscopique, relevant imperceptiblement le menton. «a doit vouloir dire quíil est content de me voir. Jíadore le handÖ

Allez, salut, bande de parents

Lire aussi...