26 janvier 2012
Au secours, mon fils m'apprend la vie ! > Chroniques
« Elle était pas très bonne »
- Allô, chéri ?
- M’appelle pas « chéri », maman, ch’t’ai d’jà dit, ça fait pitié.
(« Pitié », en langage actuel de l’héritier : « ça la fout mal ».)
- Oui, bon, « fiston ». Ecoute, tu te souviens, ce soir, on a invité les Alexi. Et là, je vais être obligée de sortir plus tard que prévu. Est-ce que tu pourrais faire en sorte que la maison soit à peu près rangée quand j’arriverai, et peut-être préparer l’apéritif : tu sors des verres, des petits gâteaux, des cahuètes, OK ?
- Et si je faisais une pizza ?
- Ah oui, oui, excellente idée, c’est sympa ça, chéri !
- Ma-MAN !
- Oh, pardon. Génial, fiston, ça m’évitera de préparer une entrée.
Il faut dire que l’héritier, depuis quelque temps, est devenu une sorte de champion de pizza. Meilleures qu’à la pizzéria, ses préparations sont conçues à base de tout ce qui traîne dans le frigo, du moment qu’il y a du concentré de tomates et du fromage.
C’est bien, un enfant qui grandit, songe-je en raccrochant et me remettant au boulot à toute vitesse. Ça me rappelle la première fois où, alors qu’il commençait à peine à marcher, il a compris quand je lui ai demandé de m’apporter je ne sais plus quoi, la télécommande sans doute, alors que j’étais vautrée, moulue de fatigue, sur le canapé. C’était la première fois que je trouvais ça reposant, d’avoir un enfant. Et même si c’était reposant juste pour trente secondes, c’était si bon que je m’en souviens encore, treize ans plus tard.
Champion de pizza
Quand j’ouvre la porte de la maison, vingt minutes avant l’heure d’arrivée des invités, hmmm, ça sent bon la pizza, la tomate chaude, les herbes de Provence. Bon, la maison n’est pas rangée. Je ramasse mécaniquement une chaussette solitaire – bah, on ne peut pas tout exiger non plus.
Illico, je me mets à la préparation du repas. Vite, vite, un truc que je maîtrise à fond, pas sorcier, le chili con carne (mes copains ont intérêt à aimer, je leur en sers une fois sur deux ; d’ailleurs, étrangement, ceux qui n’aiment pas ont tendance à cesser de me fréquenter assez rapidement).
Pendant que ça cuit, je retape le canapé, ramasse deux ou trois verres maculés de jus de fruit, lance dans le panier à linge la chaussette sale de tout à l’heure que je viens de retrouver dans la poche arrière de mon jean (yeah, panier !), saluant au passage le pizzaiolo qui, pour l’heure, s’est transformé en internaute, et le priant de venir préparer l’apéritif.
A peine ai-je regagné la cuisine pour baisser le gaz sous le chili que « Driing », la sonnette. Ouf. Tout est prêt.
On se salue, on se congratule, on se donne des nouvelles de la circulation sur le périph’ et de la pluie qui tombe depuis une semaine. On s’assoit. On s’extasie, ça sent bon la pizza. Les verres arrivent sur la table avec les cahuètes.
- Merci, fiston. Tiens, sors la pizza, on va la manger avec l’apéritif.
Et là, soudain, changement d’ambiance. Il ouvre le four avec un drôle d’air, mi-content, mi gêné… et en fait émerger une grande plaque métallique avec dans un coin un petit quart de pizza.
J’aimerais pouvoir décrire mon visage en cet instant, mais évidemment, j’étais mal placée pour l’observer. J’imagine que ma mâchoire est tombée. Ou mes yeux. Ou quelque chose comme ça. Bouche bée, je suis restée. Du coup, il a marmonné :
- Elle était pas très bonne…

Allez, salut, bande de parents !
© Muriel Gilbert
Quel dévouement! Epargner aux invités la corvée de manger une pizza dégueulasse!
De toutes les façons, la pizza n’est pas bonne pour la ligne des adultes alors qu’elle convient parfaitement pour la croissance des jeunes!
Rigolo la chute !
Et l a tête des invités …. ??
Ben quoi ? Il paraît qu’un cuisinier doit toujours goûter son plat… Tu peux difficilement lui reprocher son zèle, si ?
Vivent les garçons en pleine croissance, vaux mieux les avoir en photo qu’à table !!!
Et puis faut toujours gouter son plat avant de le servir.
ça a du mettre une drôle d’ambiance !!!
Bonne journée !!!
C’est reposant d’avoir des enfants…. je confirme…. Quand ils habitent loin! o-O
Oui… Bon… Pour l’apéro, la quantité me paraît tout à fait suffisante ! (sauf si tes invités, effectivement, n’aiment le chili)
@ Pivoine : Le problème, c’est qu’il les fait très bien, les pizzas !
@ TNM : Ah, ça c’est un argument. Je reconnais bien là l’amie des enfants…
@ Dominîmes : On voit bien que t’étais pas invitée à dîner…
@ Béatrice : Mmmh… Surpris… Mais ils n’ont pas protesté.
@ Cambroussienne : Oui, là il l’a drôlement bien goûtée.
@ Laetibidule : Tu peux toujours compter sur les enfants pour mettre une ambiance originale.
@ MamyS : Mais c’est plus rigolo quand ils sont là.
@ Mle Mimosa : Heureusement, ils aiment le chili (ou ils font bien semblant). Ouf.
« Elle était pas très bonne »
Pizza ? C’est un prénom féminin ?
haaaa le blog est accessible !! Yes (je crois que c’est mon mail qu’à eu un effet magique ?!) Un billet croustillant !
@ Unehistoire : Ce serait un joli prénom.
@ Poulette : Du calme, tu vas nous pondre un oeuf !
@Muriel : Un prénom à porter comme un reine en 4 saisons, mais ne seraient-elles pas du genre bonne pâte et à se laisser enfourner un peu trop facilement ?
Ah, la première fois où elle m’a apporté le livre qui était dans la chambre, la première fois, où il m’a apporté le téléphone, la première fois où ils m’ont apporté le plateau TV….Nostalgie !!!
@unehistoire : Elle est bonne mais elle fait pas le ménage
@ unehistoire : Je suis sans opinion sur la question.
@ Fredix : Comme quoi les gosses, ça peut servir.
Morte de rire. Oh je crois que j’aurai un peu… hurlé !!
@ Sun : Tandis que moi, je suis le zen personnifié